16 décembre 2024

Le billet de Christophe PARROT - Episode 3 sur 6

Hello les amis pédaleuses et pédaleurs, bienvenus pour ce deuxième épisode de notre
feuilleton « l’ultra cyclisme, c’est quoi ? ».
Pour ce deuxième opus, je vais t’emmener sur mon porte-bagages, dans mes sacoches pour
essayer de développer ce que je considère comme la base de l’ultra cyclisme, sur ce qui est
pour moi le fondement de chaque coup de pédale : le confort.
Avant de partir sur le chemin de ce confort, sur le partage de ces éléments qui nous
permettent d’enfiler les kilomètres comme Tadej les victoires, je voulais te présenter les
autres pièces du puzzle que tu découvriras dans les prochains bulletins. Pour que tu ais une
vision globale de ce qui t’attend. Un peu comme lorsque tu regardes la trace de ta sortie du
dimanche matin et que tu es affalé sur la banquette devant le talk-show du samedi soir,
binouze et bretzels à la main ;
Je vais essayer de donner quelques « tips » à ceux qui souhaiteraient s’essayer au bornage,
à ceux qui souhaitent découvrir ce qu’il y a dans l’arrière-boutique du magasin habituel.
Donc, après ce chapitre sur le confort, je te livrerai ma visio du matériel, de la nutrition, de la
préparation, du « pédalage ». Ce ne sera pas des conseils ou l’expression du savoir car je
ne me sens pas légitime pour cela. Juste pour partager avec toi les différents aspects de
l’ultra, pour te donner envie d’y gouter, du bout des lèvres pour commencer pour ensuite le
dévorer à pleines dents.
Et puis d’ici là, j’espère bien pouvoir en parler « en live » avec toi lors de nos sorties ou via
les questions que tu pourras envoyer via ce blog !
Comme décrit dans les premières lignes de ce bulletin, nous allons partir aujourd’hui tout en
douceur, toute en douilleterie…
Commencer par le confort pour parler d’une activité physique au long court, c’est un peu
contradictoire, antinomique.
Mais bien au contraire… C’est cette recherche de confort qui va te permettre de tenir des
heures et des jours sur la bicyclette. Avec le sourire. Sans trop de douleurs. Avec toujours
autant d’envie. Là, tu te dis que tu t’es trompé de sujet. Ou que je suis en complet décalage.
Ou les deux. Parce que sourires, peu de douleurs, confort, Christophe, t’es certain que nous
allons parler ultra ? Ben oui… Allez, mets bien tes lunettes sur ton nez, on est parti !
Pour pédaler longtemps, il faut le faire dans le confort. C’est peut-être simpliste comme
remarque mais c’est la base. La base de tout ce qui va venir. Le fondement de chaque
réflexion, idée, essai, décision. Le confort doit être le dénominateur commun à tout ce que
nous allons aborder à partir de maintenant. A chaque fois, il faudra passer ta pensée au filtre
du confort. Du plaisir. Sinon, tu resteras sur le bord de la route, sans la moelle pour repartir.
Pour commencer, je me propose de te parler du confort sur ton vélo. Et là, pour moi, il y a un
seul et unique élément à maitriser : ta position.
En effet, pour passer plusieurs heures, plusieurs jours le fessier vissé sur ta selle, il faut
adopter la meilleure des positions, celle où tu n’auras pas de douleur résultant d’un blocage
ou d’un mauvais alignement de tes membres.
Pour cela, je ne connais qu’une seule solution : l’étude posturale, à réaliser dans la plupart
des magasins de cycle.
En fonction des lieux, il te sera proposé des études simple à partir de multiples prises de
dimension. Elles seront ensuite rentrées dans une plateforme numérique qui déterminera tes
« cotations » de longueur, hauteur, largeur… Ces cotations te permettent de valider la
hauteur de selle, son avancement, la distance selle-cintre, la largeur de ton cintre… bref,
l’adéquation idéale. A titre personnel, j’ai réalisé celle-ci, à moins de 100€. Et depuis, alors
que les cervicales coinçaient à partir de 80 bornes, alors que le fessier était perpétuellement
dans le rouge vif, j’aligne les bornes avec délectation.
Dès la mise aux normes de ma position, j’ai senti la différence. Et même après les 1000
bornes et 20 000 de D+ de la RAF, zéro bobo !
A noter que cette étude propose 3 alternatives de position : agressive, médium, confort. J’ai
opté pour la 3 ème version…
Il existe des études plus poussées. Je ne peux pas en parler car je ne connais pas le
résultat. Mais ce que je peux assurer, c’est que cette étude « niveau 1 » m’a permis de
résoudre tous mes soucis de douleurs et qu’à ce jour, aligner les heures n’est plus un
problème pour moi car je suis sur mon vélo comme dans ma banquette, Netflix en moins.
Le confort, c’est aussi le choix du matériel. Je t’en parle très vite car il me semble important
d’y consacrer un chapitre. Là encore, pas pour donner des leçons mais juste pour partager
mon expérience
Le confort, ce n’est pas que le vélo, le textile, les chaussures, la température, l’alimentation,
l’éclairage. Le confort, c’est aussi ce que l’on fait de son ride.
Le confort de l’ultra, ce sont pour moi tous ces moments que je vais m’octroyer, que ce soit
le lieu, l’ambiance et ses composantes. Et ses rituels. En effet, pour moi, savoir s’offrir un
moment particulier, hors selle, est un délice.
Souvent, je pars très tôt dans la nuit. Parce que rouler de nuit est mon premier kiff. Cela peut
te paraitre surprenant et tu te dis « c’est dangereux », « la nuit, c’est fait pour dormir »,
« hors de question que je me réveille tôt pour aller pédaler »…
Rouler la nuit, au petit matin, est un moment à part. Aucun bruit. Moins de circulation. Le
calme. Le compteur ne compte pas car tu es attentif à tout ce qui se passe autour. Tous tes
sens sont en éveil. Tu n’as que le halo de ton phare devant toi et ton écoute. Personne.
Juste toi et ton attention. Tu sais que le jour va se lever, que tu vas avoir le plaisir de vivre
cela. Quoi de plus agréable que de vivre un lever du jour sans stress. Juste pour profiter.
Le confort, c’est s’arrêter au petit matin, juste après ce lever du jour. Cela fait déjà 2, 3
heures ou plus que tu roules et tu vas t’octroyer ta première pause. Cette pause, elle se
prépare. En effet, lorsque tu as préparé ta sortie, tu as noté le nom du village que tu
traverseras à cette heure-là. Et tu auras vérifié sur le net qu’il y a bien un bistroquet ouvert
quand tu traverseras cette commune. Et là, tu poses le vélo, tu t’assois, tu commandes ton
expresso, ta tartine. Tu vas prendre le temps de prendre ce petit déjeuner que tu garderas
longtemps en mémoire. Tu pourras écouter les brèves du comptoir, lire tes messages ou tout
simplement ne rien faire. Prendre le temps de vivre.
Le confort, c’est s’arrêter pour acheter à manger. Tu as faim ou tu sais que tu vas avoir faim
dans quelques temps. Sois patient, je vais en reparler bientôt. Mais une fois que tu auras
achet é ton repas, tu te poseras, où tu voudras, quand tu voudras, pour manger. Sans
contrainte de lieu ou d’horaire. C’est ton choix.
Le confort, c’est aussi prendre le temps d’échanger. Car tu rencontreras du monde sur ton
ride. Que ce soit la boulangère derrière son comptoir ou le cycliste avec qui tu rouleras
plusieurs kilomètres. Dans tous les cas, il convient de ne pas se forcer. Si tu as envie de
passer quelques minutes avec la personne, tu le fais. Si tu as envie d’être seul, tu le dis
clairement.
Je me souviens de ce moment lorsque j’ai fait Paris-Le Touquet-Paris en off. Au petit matin,
sur le retour, un cycliste me rejoint et commence à me parler. J’avais fait l’aller la veille,
dormi 3 heures et repris la route du retour vers minuit. Cela faisait donc plus ou moins 400
bornes que je pédalais et je n’avais pas envie, à ce moment-là, de parler. Pas envie
d’écouter. Alors je me suis permis de lui dire que je souhaitais être seul. Avec beaucoup de
bienveillance et de gentillesse mais je lui ai dit. Il a alors appuyé sur ces pédales et est parti.
Un peu frustré certainement.
Seulement, une dizaine de kilomètres plus tard, alors qu’il était sur le bas-côté et qu’il
réparait une crevaison, je me suis arrêté, je l’ai aidé et nous sommes repartis ensemble. Et
là, il m’a avoué qu’il avait mal pris ma demande mais qu’après réflexion, il l’avait compris et
qu’il respectait. Et pour se faire « pardonner », j’ai pu prendre sa roue pendant plusieurs
kilomètres, ce qui fut je dois le dire assez agréable.
Donc, comme tu l’auras compris, l’ultra distance, c’est le confort avant tout, pour profiter.
Pour cela, il faut tester, recommencer, re-tester. Et découvrir à chaque sortie un nouveau
détail, un petit « plus » qui fera la différence lors de la prochaine. Parce que le confort, c’est
aussi l’assurance de passer une jolie sortie qui nous donnera cette joie intérieure, qui te
donnera cette envie de passer le plus vite possible à la suivante !

Programme du dimanche 22 décembre 2024

Ce dimanche, nous emprunterons le parcours suivant :

Circuits d'hiver

031 - Le Moulin de la Guette et Chaudbuisson

G1,G2 - 75 km - D 382 m - cliquer ici.
G3 - 63 km - D 280 m - cliquer ici.

15 décembre 2024

Anniversaire de Philippe BIROLINI

Aujourd'hui nous souhaitons un bon et joyeux anniversaire à Philippe


09 décembre 2024

Le billet de Christophe PARROT - épisode 2 sur 6

Bonjour à vous toutes et tous, pédaleuses, pédaleurs ou simple curieux,


Ce billet a été écrit après avoir rédigé les autres, après leur relecture. Il me manquait un maillon, un lien entre l’introduction et les prochains chapitres.
Un peu comme une chanson que l’on compose après avoir écouté la maquette de l’album. 
Ou comme ces derniers kilomètres que l’on va faire parce le compteur n’affiche pas un chiffre rond à la fin de la sortie, lorsque l’on passe devant le portail et que l’on ne déclipse pas les cales. 
Pour combler un vide, affectif et audacieux. Pour répondre à la question que l’on ne se pose pas.

J’aborderai dans les prochaines semaines une vision plus technique de l’ultra, une vision qui répondra davantage aux amateurs de la petite reine. Un partage de cette vision, de ma vision, de mes expériences passée. Pour toutes celles et tous ceux qui voudraient mettre les mains en haut du cintre et se laisser porter sur le goudron des bornes à profusion. Là, je trouvais qu’il manquait une étape à ce cheminement. Il manquait une réponse à la question que tu pourrais te poser en lisant ces premiers mots. Et cette question, elle pourrait être "pourquoi aller sur l’ultra ? ». "Qu’est ce qui moi, coursier ou cyclo, me pousserait à aller me déchirer le mollet, me défoncer les cervicales alors que la tartiflette familiale est au four et que le côtes rôties sont sur la table ? »

Il n’y a pas de réponses rationnelles ou mathématiques. Pas de 1 + 1 = 2. Par de Jacques + Raymond = Tour.
Les réponses sont à la fois personnelles et communes, elles ne répondent à aucune règle. Et ce n’est pas moi qui vais commencer à devenir le druide du savoir, le Cyril Guimard de l’histoire (petit clin d’œil à RMC et à son podcast vélocipédique).

Ici, je vais juste essayer de transcrire ce que je ressens, ce que j’entends, ce que je perçois au fil du temps passer sur Brooks déformée.

Le passage à l’ultra répond à plusieurs envies de découverte, qu’elles soient purement physiques, mentales, introspectives, à des envies de pimenter un quotidien sportif un peu fade.
Et ça, il n’y a que toi qui puisse y apporter une réponse. Ta réponse. Une réponse à affronter yeux dans les yeux, devant ta glace. Et non pas en lisant tout ce qui pourrait t’empêcher de basculer du côté éclairé de la montagne. Ces réponses, tu les trouveras en cochant tous les bénéfices que l'ultra pourrait t’apporter.

Effectivement, tu vas trouver devant toi des portes qui vont se fermer. Des obstacles à franchir.
Devant ces portes et ces barrières, tu devras réfléchir aux solutions, aux stratagèmes qu’il faudra mettre en place pour passer derrière. Alors bien sûr qu’il te manquera du temps pour aller rouler comme tu le souhaiterais. Bien sûr, l’ultra demande un budget que tu n’auras peut-être pas jour où tu prendras ta décision. Bien sûr que tu seras certainement inquiet de devoir aller rouler seul pendant des kilomètres et des kilomètres. Bien sûr que l’hiver te fera peur, avec son froid, son vent et sa nuit qui tombe alors que l’heure du goûter sonne encore dans toutes les écoles communales. Et je ne pourrai pas finir cette clôture de barbelé sans avoir une pensée pour mon entraînement et ma plate-forme ROUVY qui fonctionne à des heures ou le commun des mortels use son fond de culotte sur sa banquette, les mirettes devant une série sur le Tour de France ou un jeu d’agriculteurs cherchant l'amour.

Alors oui, tu rencontreras des obstacles. C’est certain. Mais si tu veux vraiment aller sur la route de l’ULTRA, tu trouveras tes propres solutions qui te permettront de prendre du plaisir.

L’ultra, ce n’est pas rouler 3 000 km chaque mois ou garder le fessier sur sa selle durant plusieurs jours. L’ultra, c’est aussi faire une sortie sur une journée, sur un week-end.

L'ultra, ce n’est pas forcément prendre le train puis une voiture de location pour aller sur le point de départ. L'ultra, c’est aussi aller rouler autour de chez soi, d’aller un petit peu plus loin que tu as l’habitude d’aller de manière naturelle. 

L’ultra commence le jour où tu décides d’y aller.
L’ultra, pour moi, commence au premier jour de la préparation. L’ultra commence dès lors que tu commences à répondre à toutes les questions listé ci-dessus. Et toutes les autres. L’ultra, c’est dessiner la trace de mon futur ride sur mon komoot chéri. J’ai eu le plaisir d’aborder tous ces points lors de l’écriture des prochains billets que tu découvriras très prochainement.

Me concernant, afin d’aller dans le vif, pourquoi l’ULTRA ?

Tout d’abord, pour avoir un projet de vie.
Quand je dis projet de vie, je pense à un projet de vie personnel autour du sport, de ma passion, un projet de vie que je pourrais identifier comme égoïste. C’est mon projet et je vais le monter comme je le veux. Alors oui, il est nécessaire d’en parler autour de soi afin de lever les quelques contraintes familiales. Alors oui, il faudra opérer des aménagements au quotidien pour préserver ce qu’il y a de plus cher dans la vie, à savoir la vie de famille et la santé. Alors oui, j’allais oublier, il y a aussi l’activité professionnelle, le taff, le boulot. Bon là c’est un autre sujet, on est obligé de s’y plier. Mais il y a aussi quelques possibilités d’aménagement. Mais chut, pas ici, mon boss pourrait lire...

Ce projet il va m’occuper l’esprit chaque jour, à chaque moment. Lorsque je suis seul au volant, avant de m’endormir, au réveil, ou sur la selle.
Mais quoi de plus motivant que de construire un projet autour de sa passion. Devenir acteur de sa passion et ne pas se laisser au rôle de suiveur. Quel plaisir de prendre le relai et de ne pas rester dans les roues. Quel plaisir de monter ce projet et pourquoi pas, le proposer à ses proches ? Ses proches avec qui nous pourrions partir sur les routes ou les sentiers. Pour moi, la création de ce projet est ma première motivation.

Ma deuxième motivation concerne la partie « sport »  de l’ultra.
Alors que sur une sortie courte, on peut développer des watts, on peut se rentrer dans le museau, on peut se mettre minable et jouer le maillot à pois en haut de la Bosse de quartier, tout ceci n’est pas possible en ultra. En ultra, tu vas gérer ta puissance, ton énergie, et tous les autres paramètres que tu découvriras très vite au travers les prochaines publications. Rouler des heures à basse intensité est un vrai kiff, une vraie drogue. Cette addiction, elle est possible car elle est plaisir.
Me concernant, ce n’est pas 54 ans que je pourrais remporter un maillot vert ou à pois. Et même si le blanc est à portée de manivelles (sic), je préfère afficher des kilomètres, sans souffrir, avec plaisir, dans la nature dans notre beau pays. Mais bor…., quoi de plus agréable ? Et avec le temps, ta soif de kilomètres et de découvertes va grandir jusqu’à ne plus avoir assez de tes 3 bidons fixés sur ton cadre.

Ma troisième motivation concerne la partie mentale du sujet.
Partir pendant des heures, des jours te construis, au fur et à mesure du temps, un mental à tous épreuves. Ce mental, cette capacité à surmonter la douleur, l’ennui, cette capacité à résoudre les problèmes quand ils se présentent va te servir dans ton  quotidien, dans ta vie de tous les jours.
Rester des heures sur la selle va te faire rencontrer mille et une situations différentes. Des situations complexes, difficiles, que tu devras affronter avec clairvoyance et un minimum de recul. Il te faudra réagir en conséquence. Alors que dans la vie de tous les jours tu te réfugie derrière des excuses, une application ou un énervement, là tu seras face à toi-même. Il ta faudra prendre la bonne décision. Sans avoir à te cacher. 

Concernant la douleur, tu apprendras à la dompter. Tu apprendras à la décrocher de ton cerveau et, petit à petit, tu feras tienne de cette douleur.

C’est certainement, pour moi, ce que m’a appris le plus la pratique de l’ultra : être capable d’analyser ce qui m'arrive et, tout de suite, me projeter sur la solution. Très rapidement, j’analyse les raisons, je checke les différents paramètres. Je vais essayer de les comprendre, de les analyser pour trouver la bonne solution. Mais dès qu’ils se présentent, je transforme mes ennuis en positif. Je vais chercher la solution parce que sans cela, je reste là, au milieu d’une forêt, d’un col, d’une campagne ventée. Seul. L’ultra m’a permis de changer de paradigme et de processus de réflexion. Fini de regarder le bout de ses grolles, je lève la tête pour aller chercher la suite.

L’ultra, j’y suis allé pour tout ça et pour tout ce que tu pourras lire lors des prochaines semaines.
J’ai encore en tête tous ces moments merveilleux, qu’ils soient sur deux pieds ou sur deux roues. Si je n’avais pas fait d’ultra, je n’aurais pas couru dans le désert avec un sac à dos 14 kg, en total autonomie.
Si je n’avais pas fait d’ultra, pas d'UTMB. Pas de traversée du cirque de Mafate ni de lever de soleil en haut du Maido.
Si je n’avais pas fait d’ultra, je n’aurais jamais vécu un lever de soleil comme celui que j’ai eu la chance de vivre à la sortie des gorges du Verdon, un matin de juin, où, les cigales jouaient dans les champs de lavande. Ce plaisir et sa jouissance venaient contrebalancer mon envie de rejoindre Mandelieu à tout prix.
Si je n’avais pas fait d’ultra, jamais je ne serais parti avec mes trois copains de Paris pour rejoindre Roubaix, jamais je n’aurai pu poser mon gravel sur ces pavés qui m’avaient fait tant rêver les dimanches d’hiver, devant la télé, avec père et grand-père. 
Si je n’avais pas fait d’ultra, jamais je n’aurai pu redécouvrir les plages normandes avec mes deux enfants, tous les trois sur nos bicyclettes ; ces deux jours là, le mot « liberté » avait une signification qui dépassait le cadre de ce mois de juin 44.

Tout ceci ne serait pas l'ultra si il n’était pas associé au partage.
L'ultra m’a permis, permet à tous sa communauté, te permettra, de passer des moments inoubliables, que ce soit avec tes amis les plus proches ou avec cet inconnu rencontré quelques kilomètres plus tôt, avec qui tu vas nouer un lien particulier qui pourra aller bien au delà d’un 06. J’ai la chance d’avoir quelques très très bons amis, avec qui, j’ai partagé nombre de kilomètres. Nous avons vécu tellement de belles choses qui m’ont donné tant de bonheur. Nous avons vécu tellement de moments précieux qui m’ont permis de me construire tel que je suis aujourd'hui. Ces moments de partage, parfois de montée de testostérone, permettent tout simplement de vivre. De vivre des moments de plénitude si importants, si nécessaire, si vitaux.

La vie est courte, elle nous réserve souvent des moments complexes, compliqué, difficiles. S’offrir des parenthèses en ultra permet d’y projeter quelques rayons de ton soleil. Des parenthèses précieuses pour regarder devant, avec calme, sourires et bonheur.
La réponse à la question initiale est toute simple et je m’excuse dès à présent d’avoir pris ton temps pour la lecture de ces nombreuses vignes.
La réponse à la question « pourquoi aller sur l’ULTRA » et très simple : pour VIVRE.

A la semaine prochaine,

Christophe Parrot

Programme du dimanche 15 décembre 2024

Ce dimanche, nous emprunterons le parcours suivant :

034 - L’Aubetin

G1,G2 - 75 km - D 433 m - cliquer ici.
G3 - 60 km - D 370 m - cliquer ici.

02 décembre 2024

Ultra, c’est quoi

Le billet de Christophe PARROT (épisode 1/5)

Introduction


« Tu fais quoi comme sport ? »
« Du cyclisme ultra distance »
« Ah ouai, c’est bien… »

« Tu mets des prolongateurs parce que tu fais du triathlon, des iromans? »
« Non, c’est pour reposer mes bras lorsque je suis ou je m’entraine pour des épreuves ou
des rides d’ultra distance ».
« Ah OK… »
 
Combien de fois ce type de questions m’a été posée ? Je ne sais pas. Par contre, combien
de fois elle a suscité une suite ? Là, j’ai la réponse. Zéro.
Donc, la question est bien la suivante : pourquoi notre échange s’arrête là, pourquoi mon
interlocuteur ne me questionne pas davantage alors que je sais très bien qu’il ne possède
pas toutes les dents sur sa propre roue-libre pour monter avec moi le col de l’ultra ?
 
Ayant un passé assez conséquent dans l’ultra trail et l’ultra running, je sais ô combien le
monde de la longue distance peut être source d’interrogation… « Ah, tu fais du trail longue
distance… T’as fait l’UTMB ? T’as déjà fait la diagonale des fous ? Et les 100 bornes de
Millau ?»
Les questions étaient posées là, tel un tuc sur une table de ravitaillement. Parce que même
si mon interlocuteur ne savait pas exactement ce qu’était l’ultra trail ou l’ultra running, il avait
déjà vu, lu ou entendu des histoires autour de la course de village de Chamonix, de la
traversée du rocher réunionnais ou de l’aller/retour Sainte Affrique en deuxième partie de
journée.
 
Ce constat revient à poser le débat autrement ; et si l’ultra distance n’était juste pas
connue ? Et si elle était (injustement) assimilée à des balades touristiques effectuées par des
amateurs de chemises à fleurs posés sur des bicyclettes alourdies de sacoches, au guidon
relevé et à la selle en cuir, dont les coups de pédales sont entrecoupés tous les 20
kilomètres d’un stop au Café des Sports et au Balto pour boire un petit noir ou un grand
jaune… ?
 
L’ultra cyclisme, force est de constater que l’on ne connait pas. Pas bien. Pas assez. Pas du
tout.
L’ultra cyclisme, quand il est un tout petit peu connu fait peur. Fait mal. Aux fesses. Aux
jambes.
L’ultra cyclisme, c’est l’occasion de pouvoir dire sans se faire juger « ce n’est pas pour moi…
Parce que cela prend trop de temps. Parce que j’ai un travail trop prenant. Parce que je ne
peux pas m’entrainer. Parce que j’ai des enfants à m’occuper, des chiens à promener, un
jardin à tondre, des potes à voir… »
 
Ah ouai ???? Cela tombe bien car moi aussi j’ai tout cela. Et avec tout cela, j’ai malgré tout
quelques bornes cumulées au compteur…
 
L’ultra cyclisme, c’est juste trop bien. Trop cool. Trop addictif. L’ultra cyclisme, c’est
l’occasion de vivre ta passion en mode XXL. C’est vivre la vie sans contrainte, juste celle de
trouver une boulangerie pour t’acheter un jambon-beurre et une part de flan quand arrive
midi. C’est la fierté de voir ton Garmin affiché un nombre à trois chiffres dans le cadre
« distance », sans que le premier de ces chiffres ne soit un 1. L’ultra cyclisme, c’est sur route
ou sur chemins. Ou les deux combinés. Route, gravel, on ou off road. Comme tu veux, où tu
veux. Car l’ultra, c’est aussi la liberté. La liberté de partir. Comme tu le souhaites, quand tu le
souhaites, où tu le souhaites. Ville, campagne, montagnes, plaines…Existe-t-il beaucoup de
sport où ceci t’est proposé ? J’en connais peu…
 
Si tu lis encore ces lignes, c’est que ta curiosité s’est mise en danseuse… Alors je veux bien
t’expliquer mais je ne serai pas responsable si tu mets le doigt dans le pot du plaisir et que tu
ne sais plus ne pas y revenir…
Allez viens, je t’emmène dans mon monde addictif du bornage, où les heures sont des
minutes, où les kilomètres s’enchainent, où le temps n’a plus de prise, juste celle de vouloir y
revenir le plus vite possible., où ton seul regret est de raccrocher ton vélo au crochet du
garage.
 
Alors, c’est quoi l’ultra cyclisme ?
 
Je ne pourrai pas tout écrire là, maintenant. Non, je peux juste t’énumérer la liste des
ingrédients composant la recette du plaisir : partage, connaissance de soi, 130bpm, mental,
gestion, confort, découverte, nature, prendre le temps, progression, fierté, challenge,
communauté, plaisir de la préparation, nature… Et tant d’autres…

Christophe P.

Programme du dimanche 08 décembre 2024

Ce dimanche, nous emprunterons le parcours suivant :

032 - Ru de Vrou

G1 - 86 km - D 1058 m - cliquer ici.
G2 - 75 km - D 630 m - cliquer ici.
G3 - 63 km - D 541 m - cliquer ici.